Peu de monde à mon arrivée en début d’après midi. L’accueil est convivial alors que le stage va reprendre, juste le temps de me changer. A sa demande j’indique à Jacques Muguruza de quelle école je suis. Comme les noms des techniques ne sont pas ceux que je connais, je comprends l’intérêt de la question. Sensei Muguruza me « traduira » régulièrement le nom des techniques dont il demande l’exécution.
Le cours commence. L’étiquette change de ce que j’avais déjà vu (FFAAA, FFAB, Iwama, Murashige).
En général, un stage ou un cours débute par des étirements, échauffements, assouplissements … Ici, on attaque directement les techniques, pas de préparation au sens « strict ».
Jacques Muguruza emploie beaucoup de terme japonais et utilise le terme shite à la place de tori.
Nous sommes peu nombreux aussi Jacques Muguruza prend le temps de corriger et d’expliquer. Les déplacements, la posture, les attaques, les techniques …
Dans un premier temps les techniques sont réalisées par séquences. 6 séquences pour shiho nage. A chaque séquence il faut vérifier sa posture, sa position, son équilibre … Toujours regarder ce qui est devant soi, si l’on tourne la tête on change sa posture et donc on ne peut pas corriger la position initiale. La technique est répétée, les séquences enchaînées de plus en plus rapidement jusqu’à arriver à dérouler la technique de façon fluide, sans temps mort.
L’accent est mis sur les placements. Une technique peut difficilement être exécutée si on est mal placé. Une fois que l’on est bien placé il est possible de de se déplacer vers … un nouveau placement. Qui doit être correct. Pour cela le déplacement doit être correct … Les appuis, les positions, la garde … que de particularités.
Les déplacements sont tellement importants qu’un bon moment leur est consacré. Ils sont réalisés de façon codifiée, à la manière d’un kata. Dans d’autres écoles une partie du cours peut être consacré aux déplacements On croit kata alors que c’est juste déplacements et formes corps utilisés dans techniques.
Au départ les mouvements sont carrés, affinés ils sont exécutés en triangle, l’idée étant d’arriver à un cercle. C’est une pédagogie différente, souvent il est demandé de réaliser directement un cercle.
Plus traditionnel, il faut imaginer un mouvement de coupe au sabre lors de l’exécution d’une technique. Sensei Muguruza insiste sur l’importance d’aller droit, de penser coupe.
L’accent est également mis sur l’efficacité. Je pensais réaliser une technique correctement. Jacques Muguruza m’a attaqué avec un tanto pour me montrer que j’étais en danger lors de la réalisation. Les attaques sont « vraies », certes codifiées mais efficaces. Les gestes inutiles éliminés. Les techniques inefficaces ne sont pas ou peu vues.
Beaucoup d’explications, intéressantes, certes, mais longues. J’ai fortement pensé à Toshiro Suga et je me suis dit qu’il était battu. Ceux qui connaissent comprendront. Voici ce que j’ai retenu (pas tout, je ne pouvais pas prendre de notes) :
- Une technique est réalisée dans le temps, elle a un passé, un présent et un avenir. Si l’on regarde derrière soi, ou si une partie du corps reste sur place (dans le passé), alors que le reste corps bouge, l’intégralité du corps n’est pas dans le présent et la technique ne peut être bonne. Quand on est dans le présent il est nécessaire d’aller en entier vers l’avenir. Tout le corps doit se diriger vers l’avenir, tête et regard compris. L’engagement vers le futur doit être total sinon certains éléments retomberont dans le passé et … la technique n’est pas bonne.
- L’exécution d’une technique demande 100% d’énergie. Si le partenaire fournit cette énergie tori n’en met pas. Si uke ne donne pas 100%, tori doit impérativement apporter le complément. Une technique ne peut jamais être exécutée de la même façon car il faut s’adapter à son partenaire.
- Tant qu’une technique n’est pas bien réalisée, très fluide et « ronde », il existe des « trous » durant l’exécution. Uke peut en profiter pour contrer. Les atémis permettent de combler les trous. A un certain niveau ils deviennent inutiles.
Régulièrement il nous est demandé si des points étudiés précédemment restent obscurs, si l’on a des attentes particulières, ce que l’on veut voir.
Content d’avoir découvert cette forme d’aïkido et d’avoir fait connaissance avec un sensei ouvert, sympathique et curieux. Je le remercie d’avoir passé autant de temps à me faire sentir les techniques.
Les commentaires sont cloturés.
Je suis vraiement attiré par aikido parce que même si quelqu’un qui n’a pas de force peut bien neutraliser un loubard sans le blaissé