Shodokan pourrait être traduit, sous réserve, comme "l'école de la voie lumineuse ou l'école de la voie de l'ouverture" :
sho (lumineux, clair, ouvert) Do (voie, chemin) Kan (école).
Cette école, effectivement créée en 1960 par
Kenji Tomiki, est sa synthèse de l'aikido et du judo.
Fortement structurée cette forme d'aikido intègre une forme particulière de randori.
Le shodokan aikido est également connu sous le nom de Tomiki aikido.
Naissance du shodokan aikido
Kenji Tomiki a connu le daito-ryu que O Sensei tansformera en aiki-budo puis en aikido. Tomiki a vécu les changements voulus par le fondateur de
l'aikido mais ne les a pas forcément pris en compte.
Tomiki voulait intégrer dans l'aikido deux éléments : l'aspect pédagogique du judo et la compétition, pour conserver la partie confrontation
habituelle dans les arts martiaux traditionnels.
C'est ainsi que dès 1950 l'écart s'est creusé entre Tomiki et Morihei Ueshiba, tant au niveau pratique que philosophique. A tel point que Tomiki
reçoit un message l'autorisant à fonder son école à condition qu'elle se distingue de l’aikido de Ueshiba Sensei.
Le Shodokan aikido est né.
Pratique du shodokan aikido
Le shodokan aikido est extrêmement codifié, l'idée étant de faciliter l'enseignement et l'apprentissage.
Katas
Les katas constituent la base du shodokan aikido. Un kata est une technique ou une suite de techniques effectuées dans un ordre établi.
Le shodokan aikido comporte cinq kata qui détermine la progression dans les grades kyu :
La répétition quotidienne des katas permet de mémoriser relativement rapidement un grand nombre de techniques.
Randori
Un autre aspect de la pratique du shodokan est le randori. Le randori shodokan se pratique à deux, avec des techniques à mains nues ou au tanto.
Main nues
Dans les randori à mains nues il s'agit d’essayer d'appliquer une technique à l’autre en partant d'une position déterminée. Un système de points
permet de désigner le vainqueur. Le critère essentiel dans l'attribution des points est de réussir à déséquilibrer l'adversaire.
Les compétiteurs déplacent leurs mains le long des bras de l’autre et, par un jeu d’ouverture et de feintes, cherchent le déséquilibre.
Tanto
Le tanto est, en réalité, un tube long de mousse souple. Celui qui a le tanto tente de toucher nettement le torse de son adversaire.
Entre autres critères une touche est effective si celui qui a le tanto n'est pas tenu par son opposant.
Celui qui travaille à mains nues doit, d'une part, éviter d'être touché et, d'autre part, essayer d’appliquer une technique.
Les règles, par sécurité, interdisent les techniques avec saisie du cou ou du coude.
Le randori se fait en deux manches afin que chaque compétiteur travaille à mains nues et avec tanto.
Un système de points détermine le vainqueur.
Implications des randoris sur la pratique shodokan
Les règles de randori ont beaucoup d'effets sur la pratique :
- les techniques aikido prohibées en randori sont moins travaillées,
- la distance entre partenaires est différente : la touche au tanto ne comptant pas si l'on est saisi, celui qui n'est pas armé essaye de se
rappocher rapidement pour pouvoir saisir,
- compte tenu de la distance réduite les techniques ayant une action directe sur le corps sont privilégiées,
- la réalisation de certaines techniques peut se faire d'une manière inacceptable par l'aikikai : risquer un coup de main ou de genou. En
randori seule la touche avec le tanto compte,
- la garde est mains assez hautes avec une grande souplesse des jambes pour pouvoir fendre loin et rapidement (tanto) ou suivre une attaque
qui se retire,
- le déséquilibre est beaucoup plus recherché que le contrôle (comptage des points à mains nues).
La pratique du randori a également une incidence qui n'est pas en contradiction avec la pratique aikikai. Pour réagir à des attaques non prévues
et saisir les opportunités pour passer une technique les bras sont en extension, sans raideur, et le centrage est constant.
Enseignement du shodokan
Les exercices préparatoires au cours sont systématiques. Il s'agit de préparer le corps par des exercices d'assouplissement et d'échauffement
debout et en position assise pour travailler la souplesse et la tonicité ,complétés par des chutes.
Le cours comporte cinq niveaux. Les quatre premiers comprennent des katas seuls. L’entraînement au kata est divisé en exercices d’application,
kakari geiko, et en exercices énergiques, hikitate geiko.
- Mouvements fondamentaux issus de l’ancien Jujutsu - kihon dosa.
Il s'agit de pouvoir se mouvoir totalement librement, en tous sens, toutes directions pour pouvoir encaisser, esquiver, maîtriser, déséquilibrer ...
- Techniques fondamentales - kihon waza - atemi, techniques de coude et de poignet.
- Système de la rupture d’un corps à corps - ridatsu - atemi.
- Système de la maîtrise - seigyo ho - contrôle de l'adversaire.
- Système des randori
Pratiquer en France
Le seul représentant du Tomiki Aikido en France est Satoru TSUCHIYA sensei, 6ème dan Shodokan.
Le Tomiki Aikido gagnerait à être plus connu, notamment par les jeunes qui ont besoin de se dépenser physiquement !
En effet TSUCHIYA sensei a une pratique tonique, c’est le moins qu’on puisse dire ...
Son dojo, le seul dojo français en date du 8 octobre 2010 :
Gymnase Raymond Lemaître
27, avenue d'Enghien
93800 Epinay-sur-Seine
Page officielle de l'association Française d'Aïkido Shodokan : http://shodokan-aikido.fr/index.html
Illustration en vidéo(s)
Geiko : Kakari Hikitate Randori
Suwari et tachi waza : mains nues
Randori tanto : mondiaux Osaka 2001
Démonstration par Tsuchiya 6 dan : mains, bokken et tanto
Pour soi ou pour offrir ...
Références pour cet article :
- "Enyclopédie des arts martiaux de l'extrême orient" de Gabrielle et Roland Habersetzer
- http://www.shodokan.ch/index.php/le-nom
- http://www.parisaikidoclub.com/spip/spip.php?article357
- http://shodokan-aikido.fr/tomikiaikidojujutsu1975.html
- http://www.leotamaki.com/article-tsuchiya-satoru-shodokan-aikido-43280165.html
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Shodokan